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CRITIQUE DVD


INSIDE MAN - EDITION COLLECTOR




Titre : Inside man - Edition collector

Version : Française
Auteur de la critique : tib20011
Date de la critique : 05/05/2007

Cette critique a été visitée 629 fois. Aide

 

Editeur : Universal Pictures Video
Année de sortie au cinéma : 2005
Date de sortie du DVD : 24/04/2007
Durée du film : 130 minutes


Résumé : Ce devait être le hold-ip parfait, le chef d'oeuvre d'un génie du crime. Le décor : une grande banque de Manhattan. Les protagonistes : un commando masqué, cagoulé, lunetté et des dizaine d'otages affolés, contraints de revêtir la même combinaison passe-partout que les braqueurs. L'enjeu : la salle des coffres et ses trésors ? Ou un vieux secret dont seules deux personnes connaissent l'importance. Aujourd'hui, confiné dans une cellule, le cerveau de la bande s'explique. Mais attention, chaque mot compte, et aucun indice ne vous sera livré au hasard. Prêts ? Ce matin-là, donc, quatre peintres en bâtiment franchissaient le seuil de la Manhattan Trust Bank...
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Avis Artistique
Avis sur le film :   (9/10)

Le nouveau film du grand Spike Lee avait de quoi faire peur aux fans. Même si Lee est un grand réalisateur, son dernier SHE HATE ME était un joli ratage, alors qu’on l’avait quitté sur le magnifique LA 25ème HEURE, digne successeur de chefs d’œuvres comme SUMMER OF SAM ou MALCOLM X. Quand il annonce le sujet du script dont il n’est pas l’auteur, les fans crient de haine, oubliant que les plus grands comme Spielberg n’ont écrits que très peu de leur film. Mais INSIDE MAN n’est pas vraiment rassurant d’un point de vue cinématographique, étant donné le sujet vu et revu rien que dans OCEAN’S ELEVEN : un braquage de banque par une équipe de spécialistes tandis qu’un lieutenant sur le déclin se voit charger de l’enquête. Plus qu’une grosse surprise, INSIDE MAN s’inscrit comme l’un des meilleurs films du cinéaste, à la fois totalement prenant, très rythmée, et avec une touche de satire politique et sociale digne du réalisateur.

INSIDE MAN nous présente donc, d’une façon inattendue, cette équipe de braqueurs menée tambour battant par Dalton Russell s’adressant directement au spectateur. Sur une musique absolument géniale et déroutante (tirée d’un film de Bollywood), on découvre peu à peu le piège qui se renferme sur une banque. Classique, mais efficace, tout comme la présentation de chacune des pistes qu’offre le film. La première, c’est bien sûr le braquage vu de l’intérieur. La deuxième, c’est le point de vue de Keith Frazier et de son co-équipier Bill Mitchell, qui arrive sur les lieux avec la ferme intention d’en finir rapidement. Les piliers de l’histoire sont maintenant instaurés, et les seconds rôles essentiels peuvent être présentés : le capitaine Darius qui semble exténué par le braquage, le milliardaire Arthur Case horrifié par l’idée de perdre quelque chose de très cher pour lui dans sa banque, et l’énigmatique Madeleine White, personnage type du polar qui ne révélera jamais sa véritable profession. Tout ce joli monde est donc directement relié à ce qui se passe à l’intérieur de la banque, et donc à l’Inside Man que représente Dalton Russell.

La durée caractéristique chez Spike Lee (2h10) laisse donc place, avec un magnifique rythme et des rebondissements étonnants, à un scénario assez machiavélique, lorgnant entre le polar, le thriller politique soi disant en vogue en ce moment, et le drame psychologique. En multipliant les pistes, le scénariste Russell Gertwitz (dont c’est le premier script) arrive à maintenir une attention particulière chez le spectateur, puisqu’on s’attache non seulement à l’inspecteur/négociateur Frazier, mais aussi à son interlocuteur qui semble bien décider à récupérer quelque chose dans cette banque. De l’autre côté, Madeleine White passe un accord douteux avec Arthur Case pour qu’elle récupère à sa manière des documents précieux, dont le contenu sera exposé un peu plus tard sous l’œil horrifié du spectateur, toujours témoin de l’action. Sans twist abruti qui remet en question tout le film, c’est grâce à une séquence étonnante où l’on revient sur Dalton Russell que le public comprend comment il est arrivé à sortir d’ici, et ce qu’il a volé essentiellement, tout en prenant soin de laisser une bague et un petit diamant à Frazier, ce qui montre en faites que Russell, durant tout le film, n’est jamais montré comme quelqu’un d’agressif. A chaque fois, c’est à cause d’un élément extérieur que ses pulsions violentes remontes à la surface, comme dans cette scène à la fois hilarante et troublante où il découvre que le portable d’un des hommes de la banque (avec une sonnerie clin d’œil au GOLD DIGGER de Kanye West !) est caché dans son bureau. Le braquage de banque se transforme alors en une prise d’otage risquée pour la police, puisque les braqueurs et les otages ont le même déguisement de peintre.

Comme dans les plus grands films de genre, Lee présente peu à peu les faits, les intrigues et surtout les révélations multiples. Parmi elles, on retiendra l’inventivité de l’enquête, qui se jonche de perte de temps : réclamant un avion, Russell veut juste prendre ses marques dans la banque pour enfin révéler qu’il désire « sortir par devant ». Des micros cachés dans des pizzas sont ainsi déroutés par Russell qui fait passe à la place un discours d’un ancien président albanais, offrant ainsi du fil à retordre à l’équipe. Les faits les plus étranges justifiés par la fin restent bel et bien la libération consécutive des otages avant la fausse exécution de l’un des leurs, jusqu’à ce que Frazier découvre peu à peu le système mis en place par Russell pour effectuer son braquage parfait. La construction du film se révèle assez surprenante par la suite, après que tous les éléments aient été posés, puisque l’on voit en parallèle les interrogatoires de certains otages que l’on reconnaît, et le braquage continuer. Ainsi, quand on voit la façon dont les 3 autres braqueurs, outre Russell qui établit la fin de son piège dans un trou percé dans le mur, s’échapper dans le chaos le plus total, avec les policiers tirant sur tout les otages sortant de la banque, on se demande si ce plan parfait va échouer. Et bien non, malgré les interrogatoires qui sont la pièce maîtresse d’une chose dans le film : l’humour. On rit aux éclats dans de nombreuses scènes très bien menées par les acteurs sublimes. Cela va des interrogatoires avec les deux femmes les plus «pulpeuses» du braquage, dont l’une est d’ailleurs coupable, où les deux inspecteurs fixent durant de nombreuses reprises leur tour de poitrine. Mais outre cet aspect détendu pour déstabiliser les otages et leur faire avouer quelque chose, on retrouve surtout des répliques absolument cinglantes et légèrent, souvent donner par Russell («Ecoute moi bien Kojak» en parlant de Frazier) ou Frazier lorsqu’il est énervé (notamment la scène où il s’adresse directement à Russell en lui donnant les pizzas). Mais les deux meilleures séquences qui provoquent un sourire et même un fou rire sont la scène où le pauvre Arthur Case propose d’envoyer un avion (la musique s’arrête et les inspecteurs dans le camion le regarde durant quelques secondes sans bouger), et aussi l’engueulade générale après la devinette de Russell (référence à UNE JOURNEE EN ENFER) au sujet d’une station de métro.

Mais là où INSIDE MAN étonne le plus, c’est dans la capacité de réflexion qu’à Spike Lee sur le monde américain après le 11 Septembre. Ce n’est plus une description de l’Amérique éteinte qu’il fait ici (comme dans LA 25ème HEURE justement), mais plutôt la façon dont la société a pu sauter cette obstacle, et ce qu’elle n’a pas fait. Ainsi, Lee traite dans une scène particulièrement troublante de la peur des policiers et leurs préjugés à propos d’un sikh, qu’ils prennent pour un arabe avant de l’agresser alors que c’est un otage libéré qui porte un casier autour du cou. Moralement très forte, cette scène se répètera un peu lors de son interrogatoire. Un autre policier d’ailleurs fera un récit outrageant avec des termes racistes à Frazier, montrant un peu l’irrespect de celui-ci envers les communautés de couleur juste après un choc dans sa vie (un jeune lui a tiré dessus), qui est finalement la parenthèse à l’attentat du World Trade Center. Un attentat immonde peut donc remettre en cause toutes les populations, et les policiers vivent dans une situation de crise car ils doivent faire face à cela pour bien faire le job. Outre cette société vivant dans la peur, Lee propose aussi une très belle scène d’une légèreté assez horrible, puisque c’est dans celle-ci que le film se « repose » un peu pour nous montrer Russell parlant tranquillement avec le petit, avant que celui-ci ne lui montre son jeu GET RICH OR DIE TRYIN’ avec la star du rap 50 Cent. Montrant finalement que la violence dans les jeux vidéos (mais d’une façon beaucoup moins donneur de leçon) est plus poussée que ce que l’on trouve dans ce braquage de banque. D’ailleurs, le petit n’a absolument pas peur tout le long du braquage, étant donné que celui-ci a été habitué à pire à cause de l’univers virtuel repoussant les limites de la décence.

Pour décrire INSIDE MAN, impossible de passer outre les éléments irréprochables qui font du film un petit bijou et un des meilleurs de l’année. D’abord, la réalisation de Spike Lee est absolument magnifique, très travaillée, offrant dans la banque des plans-séquences circulaires et des longs travellings, notamment lorsque les otages doivent se déshabiller. Instaurant une sorte de terreur dans les pièces où sont renfermés les pauvres innocents, Spike Lee nous montre chacune des pièces comme un coin horrible où leurs supplices de sont pas de mises, comme lorsque Russell attrape un petit rebelle et l’attrape par la jambe en le tirant pièce par pièce, alors que celui-ci se débat horriblement. Dans le même genre, le long plan-séquence où Frazier traverse toutes les pièces unes par unes reste l’un des plus beaux du film. Mais Spike Lee ne se cantonne pas à bouger sa caméra sur des rails, mais fait aussi de jolis plans stressants à la steady-cam, où laisse tourner celle-ci grâce à la confiance qu’il a envers ses acteurs (remarquez le dialogue entre Frazier et White à la fin du braquage, qui n’est pas coupé).
J’en viens donc à parler des acteurs du film, qui sont absolument TOUS extraordinaires ! Absolument bien taillé, les rôles leur collent vraiment à la peau, et repoussent un peu leur image. Le premier, c’est l’acteur fétiche de Spike Lee, Denzel Washington, qu’on ne présente plus. Après quelques erreurs de parcours (le minable JOHN Q) et des rôles qui sauvent le film pratiquement (TRAINING DAY, UN CRIME DANS LA TETE), il revient enfin dans un gros rôle tel MAN ON FIRE ou justement ce INSIDE MAN. Il réinvente un peu le flic qui ne respecte pas la loi, parfois totalement à découvert (d’où ce plan étrange où il est poussé par une plate forme et qu’il ne bouge pas du tout pour rejoindre le braquage) mais toujours efficace. Clive Owen est toujours aussi génial, véritablement l’un de mes acteurs préférés, malgré sa tête que l’on ne voit que quelques fois. Dans les rôles secondaires, notons l’impeccable Willem Dafoe (à quand un grand rôle ?), la belle Jodie Foster qui arrête de crier à tout va, le sobre Christopher Plummer (déjà sobre dans LE NOUVEAU MONDE), la pulpeuse Kim Director, et LA révélation du film qu’est Chiwetel Ejiofor (déjà excellent dans LOVE ACTUALLY, MELINDA ET MELINDA, QUATRE FRERES et même AMISTAD), qui devrait enfin atteindre le système américain pour avoir des rôles plus conséquents ! Espérons !

INSIDE MAN est donc une belle surprise doublée d’un film quasi-parfait, dont on regrette juste quelques incohérences (pourquoi creusent-ils un trou dans le sol ?) et la dernière poignée de minutes qui conclut bien le film, mais sans véritable rythme. Mais cela reste mineur tant le film est excellent !


 
Avis Technique
Avis sur l'image :   (2.5/3) Avis sur le son :   (2/3)

Pour voir le film dans des conditions optimales, il faut se tourner sur le disque 1, identique à l'édition "simple" sortie précedemment. C'est là que l'on trouve les plus beaux contrastes entre le film, baignant dans une atmosphère limpide et une photograhie exceptionnelle, et les multiples interrogatoires des deux inspecteurs chargés de l'enquête, baignants dans des couleurs très vives et un grain très prononcé. Le disque avec les bonus - et le commentaire audio - propose une copie moins propre durant le braquage, mais des témoignages toujours aussi sublimes et granuleux.

Dommage qu'aucune piste DTS ne soit proposée en Anglais: la musique du générique de début ("Chaya Chaya", troublant morceau bollywoodien) est très déçevante en 5.1. Le reste du film demeure classique, avec d'excellentes dialogues percutants et des doublages sonores peu bruyants (trop encombrants en français, comme d'habitude).

Avis sur les bonus & l'interactivité :   (1.5/3) Avis sur les visuels :   (1/1)

Universal a fait fort: dire au consommateur qu'ils préparaient une édition exclusive française pour mieux faire payer à deux reprises le mouton lambda, qui s'est rué sur la première édition totalement chiche en tout bonus, et qui voit maintenant pour 5 euros de moins une édition collector "basique": Universal ne fait que reprendre les bonus de l'édition Z1 avec des sous-titres. Tant mieux pour le commentaire audio excellent et très drôle de Spike Lee, mais le reste est très en deça des attentes. Les scènes coupées sont molles mais bien commentées par le réalisateur, les interviews sont déçevantes, et le module sur la nouvelle participation entre Lee et Washington est beaucoup trop courte malheureusement. Pour ceux qui ont attendu, c'est une édition plutôt bonne mais classique. Pour les autres, cela ne vaut peut être pas le coup de repasser maintenant à la caisse.

Comme pour MIAMI VICE et JARHEAD, Universal signe un magnifqiue digipack à 2 volets, avec une classe et une beauté esthétique extraordinaire, tout de blanc vêtue. On regrette en revanche que les deux sérigraphies soient totalement identiques, avec la mention "Dvd 1" et "Dvd 2" qui les sépare seulement.


Note finale :

  (16/20)


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