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DVD A LA LOUPE


CALIGULA - VERSION INTéGRALE - EDITION COLLECTOR / 2 DVD

Lui écrire Hotkiller

Caligula - Version intégrale - Edition collector / 2 DVD DVD sorti le 24/04/2003


Cliquez pour voir la jaquette en haute-définition

Editeur : Seven7 / Metropolitan Filmexport
Distributeur :
Seven7 / Metropolitan Filmexport

Date de sortie en salles : 2 juillet 1980
Nombre d'entrées : N.C.

Durée : 2 h 28 min.

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Nombre de visites :
11245


   

Le Film : 10/10

Résumé :  A l'aube de la décadence de l'Empire Romain, l'avènement politique de Caïus Julius Caesar Germanicus, dit Caligula, successeur de Tibère, et empereur de Rome de 37 à 41 de notre ère : ses goûts exacerbés pour le sexe et la violence précipiteront sa chute face au Sénat romain.

Avis : Pour beaucoup, Caligula ne serait qu'un film "de boules" avec les décors de Ben-Hur...!
Il est vrai que la décadence romaine a inspiré bon nombre de films qui louchaient plus du côté de la chaîne XXL que du côté de la chaîne Historia. Mais au milieu des années 70, c'est la grande période de la révolution sexuelle : l'Europe s'ouvre au marché du sexe, les revues et les cinémas spécialisés se multiplient et le directeur de la revue de charme américaine Penthouse, Bob Guccione, a une idée : pourquoi ne pas donner enfin ses lettres de noblesse à un film érotique en y ajoutant l'envergure de décors grandioses alliée à la compétence des meilleurs professionnels (acteurs ou techniciens). C'est ainsi que naît l'idée de Caligula, un film qui malgré ses plus de 20 ans d'âge reste toujours aussi choquant, troublant et puissament érotique.

Pour ce projet, Bob Guccione confie la réalisation à Tinto Brass (véritable obsédé sexuel du cinéma italien), et dont la filmographie à l'époque n'a rien à voir avec les chefs d'oeuvre du néo-réalisme italien de la seconde moitié du XXème siècle. Qu'importe Guccione est persuadé de son coup et les premiers tours de manivelle sont lancés durant l'été 1976.

Le film bénéficie de tous les traitements de faveur d'une énorme production hollywoodienne : casting éclatant, décors somptueux, musique épique...Mais on pourrait se poser alors la question de savoir si ce film retrace une vérité historique : la plupart des experts de la période dite "Julio-Claudienne" de l'Empire Romain qui s'achèvera avec Néron en 68 sont d'accord pour affirmer que le film est plus ou moins proche de la vérité. Mis à part les scènes pornographiques qui sont bien entendu impossibles à vérifier, la plupart des évènements décrits dans le film ont pu être rapportés par des écrits. Certaines citations de Caligula sont reprises dans le film tel le "Oderint dum metuant ! " ("Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent !") et, en termes de chronologie, tout semble respecté. De même, de nombreuses sources attestent de la cruauté et du sadisme de Caligula allié à un mépris des institutions romaines (il fit nommé Incitatus, son cheval, comme consul), éléments tous assez bien repris dans le film. Pour autant certains points de vue du film sont invérifiables (Caligula a-t-il vraiment tué Tibère en retraite à Capri par ex.) mais ses éléments sont assez bien intégrés dans le scénario pour répondre à la grande question posée par le film : le pouvoir absolu rend-il fou ? Cette démarche du film qui voulait mixer scènes pornographiques avec reflexion sur le pouvoir et vérité historique pourrait sembler prétentieuse, mais Tinto Brass en réalisateur avisé mêle habilement les différentes scènes : Caligula multiplie les exactions à l'encontre des responsables de son Armée, du Sénat en attendant de voir leur réactions. Se considérant comme un Dieu, il ne peut mourir. A partir de là, il ne pourra connaître qu'une fin tragique. La dernière scène du film nous montre un Caligula obsédé par le visage de la mort, persuadé qu'il est, de pouvoir enfin admirer le visage de la déesse Osiris.

Le casting réuni autour de ce film est de tout premier ordre et, pour les premiers rôles, est issu de la Royal British Academy of Theatre, rien de moins (l'équivalent de notre Comédie Française) : Malcolm Mc Dowell campe un Caligula hors norme, grandiose et décadent. Encore une énorme performance d'acteur du grand Malcom ; Peter O'Toole, en empereur Tibère rongé par la syphilis casse véritablement son image de Lawrence d'Arabie au regard bleu azur; Helen Mirren (qui a récemment joué dans le film de Sean Penn - The Pledge) joue le rôle de Caesonia, femme de Caligula, à la fois dévoyée et calculatrice ; Sir John Gielgud interpète le rôle du Sénateur Nerva qui préfèrera se suicider plutôt que d'assister à la lente déliquescence de la grandeur de Rome. Tous ces acteurs de théâtre donnent grâce à leur interprétation un lyrisme et une justesse au film qui permettent au spectateur de percevoir Caligula comme une grande fresque digne des meilleurs péplums plutôt qu'un vulgaire film ultra-racoleur. Le professionnalisme se retrouve également dans le choix des techniciens : les décors somptueux sont signés Danilo Donati (décorateur attitré de Pasolini et Fellini) qui imposa que le film soit tourné à Rome (puisqu'il ne travaille jamais en dehors des studios Cinecitta) tandis que le montage fut accompli par Nino Baragli qui travailla des années avec Sergio Leone notamment. Avouez quand même qu'on ne se situe pas dans une production Marc Dorcel...!
Néanmoins il serait faux d'affirmer que le film n'est pas pornographique. De nombreuses scènes restent gravées dans les mémoires (prétresses lesbiennes, Caligula avec sa femme et sa soeur, le gigantesque bordel impérial et la fameuse scène de fellation...) et ont pu troubler bon nombre d'adolescents boutonneux dont la vie sexuelle se limitait à l'époque à l'admiration béate des grâces naissantes d'une cousine de Province ! Cependant, il est à noter que la plupart des scènes hard ont été rajoutées par Bob Guccione après la fin du tournage : de retour en Angleterre, il convoque ses playmates et organisent le montage des scènes pornographiques du film. Au point qu'il entrera en conflit avec Tinto Brass et que l'acteur John Gielgud fera tout pour retirer son nom du générique, mais en vain.

Quelques mots enfin sur cette édition collector : comme tous les films fleurtant avec la bonne odeur du souffre, l'histoire de la distribution de Caligula en salles est assez mouvementée. Divers procès ont empêché sa sortie en temps voulu et le film n'apparaîtra sur nos écrans que le 2 juillet 1980. Les durées du film variaient selon les pays et par définition selon les coupes opérées par les comités de censure. Ainsi en France le film fut annoncé avec une durée de 2h 16mn tandis que ce fut 1h43 en Grande-Bretagne et jusquà 3h20 pour une copie italienne encore inédite à ce jour. Reste qu'aujourd'hui l'Editeur de ce DVD propose 2 versions : une prestige et une collector. La prestige est assez éloignée de la copie exploitée en salles françaises (le film ne fait qu'1h40) alors que l'édition collector avec ses 2h28 semble la plus proche de la mythique cassette vidéo édité par René Chateau au début des années 80. Justifié pour des fins commerciales (pas forcément évident de vendre l'intégrale de Caligula dans un Carrefour ou un Auchan) l'éditeur propose donc cette double édition : il va de soi que les vrais fans préfèreront l'édition collector pas par simple goût du sordide (de nombreuses scènes de sadisme ou de sexe ont été coupées dans la Prestige) mais surtout parce que l'édition Prestige manque cruellement du souffle épique de la collector, amputée qu'elle est par des coupes permanentes enlevant au film sa fluidité et sa substance.

Choc visuel, Caligula fut en son temps un film évènement et le reste aujourdhui. A la fois grandiose et vulgaire, il est un habile mélange du cinéma hollywoodien et de cinéma plus underground, inclassable et indémodable. A posséder absolument certes, mais à ne pas mettre à la portée des enfants néanmoins.


L'Image : 2/3

Détails techniques : Format Vidéo : 16/9 - Ratio : 1.85:1

Avis : L'image présentée sur ce DVD a soi-disant été restaurée. Présentée dans son format d'origine 1.85, elle bénéficie d'un transfert anamorphique 16/9 correct. Néanmoins, on regrettera que les couleurs ne soient pas plus éclatantes. Les contrastes de rouge et de blanc ne sont pas très profonds et certains plans présentent pas mal de grain tandis qu'on notera également plusieurs arrière-plans assez flous. Néanmoins, ayant vu le film en salles à l'époque, puis en VHS quelques années plus tard, il me semble que les couleurs ont été respectées dans l'ensemble et que l'image d'origine présentait déjà cet aspect un peu terne.
Par contre cette édition est supérieure en qualité d'image à l'édition Prestige qui présente des contrastes bien moins probants et des couleurs un peu moins tranchées.


Le Son : 2/3

Détails techniques : Dolby Digital 5.1 en français et en anglais - Sous-titres : français

Avis : VO et VF sont au format 5.1. Malgré tout cela manque un peu de dynamisme surtout dans les arrière. Par contre quelle que soit la version choisie, les dialogues sont très clairs. Malgré un bon doublage artistique français, il convient de préférer quand même la VO, histoire d'admirer la performance d'acteur de Malcom Mc Dowell. De plus certains effets semblent plus marqués dans la VO.
Pas de bruit ou de souffle en arrière plan sonore, ça reste donc assez bon au final.
Pas de différence entre les deux éditions du film de ce point de vue là.


L'Interactivité : 3/3

L'ergonomie des menus :
Les menus utilisés sont assez beaux avec ce décor de temple romain en 3 dimensions. La navigation est agréable et ponctuée d'effets de coups de tonnerre et de la musique du film. Le chapitrage est animé (pas moins de 39 vignettes !) avec 4 vignettes par page, sonorisées par la bande son en VF.


Les bonus :

Le premier disque qui contient le film ne dispose pas de bonus. Toutefois on notera un bonus caché sous la forme d'essais pour la conception des menus du DVD. Le second disque comprend des bonus particulièrement intéressants parce que d'époque et assez tournés vers l'histoire du film :

  • Making of : d'une durée de 56 mn il présente l'explication de nombreuses scènes ainsi que les interviews de playmates ayant "joué" dans le film. Le tout est également entrecoupé de reportages d'époque de divers journalistes. On notera la dégaine de Bob Guccione (chemise ouverte et chaînes en or) volontairement vulgaire mais qui explique assez intelligemment le pourquoi de son film.
  • Interview de Tinto Brass (un peu plus de 8mn) : cette interview est divisée en 6 parties et le réalisateur (qui s'exprime en français) expose son point de vue sur l'érotisme et la pornographie et revient sur ses premiers émois d'adolescent.
  • Les secrets d'un tournage mouvementé : véritable mine d'or sur les conditions de tournage, la rivalité Guccione/Brass, l'histoire de la pellicule.... dommage que tout cela soit présenté sur des écrans de texte. Néanmoins la pertinence des infos est réelle.
  • Filmographies : des filmographies particulièrement fouillées et intéressantes pour apprécier la qualité du casting. On regrettera que certaines playmates ne soient pas retenues...ce qui aurait permis de savoir que deux d'entre elles furent "réutilisées" dans le "Messaline Impératrice et Putain" de Corbucci qui réutilisera également les décors de Caligula...!
  • Diaporama : sur fond d'images du films, François Cognard, le journaliste de feu Starfix, avec un phrasé ultra rapide (ça m'a rappelé Antoine de Caunes dans les Enfants du Rock) livre son analyse critique du film à la fois pertinente et drôle par les anecdotes citées.
  • Bonus caché : "Les petits Caligula" : sympathique bonus sous forme de diaporama où François Cognard, décortique avec précision tout ce qui a pu se faire au cinéma sur la thématique de Caligula et plus généralmement les orgies romaines.


  • Film culte s'il en est, Caligula fut l'objet en son temps de l'opprobre publique et de la censure. Les deux éditions proposées aujourd'hui par Metropolitan rendent hommage à ce film intemporel unissant dixit Guccione, "le cinéma underground, le X et le cinéma traditionnel".



    [ Voir les Bonus Cachés pour ce DVD ]

    Les Visuels : 1/1



    La pochette / Le packaging

    Le boitier cartonné de cette édition collector est un digipack 3 volets parfaitement réalisé (Métropolitan nous a souvent habitué à la qualité de ses packagings) avec la pièce de monnaie représentant Caius Caligula en relief. D'un joli bleu nuit il est réhaussé par de belles illustrations à la définition remarquable.

    [ Voir le Top Packaging pour ce DVD ]



    La sérigraphie

    2 sérigraphies identiques pour les 2 disques : seule la couleur change : bleu pour le film, rouge sang pour les bonus. L'image de fond est la pièce de monnaie à l'effigie de Caligula et les logos de couleur grise sont relativement discrets. Définition remarquable et ton mat.

    [ Voir le Top Sérigraphie pour ce DVD ]


    Note Finale : (18/20)

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