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DVD A LA LOUPE


ALEXANDRE LE BIENHEUREUX

Lui écrire Hotkiller

Alexandre le bienheureux DVD sorti le 04/05/2004


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Editeur : StudioCanal
Distributeur :
Universal StudioCanal Vidéo

Année de sortie en salle : 1967

Durée du film : 1 h 37 min.

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Nombre de visites :
8335


   

Le Film : 8/10

Résumé : Un jeune et vigoureux agriculteur décide, à la mort de sa femme, de se laisser vivre et de profiter de la vie. Il s'enferme alors dans sa chambre pour dormir et ne plus en sortir. Les semaines et les mois passent jusqu'au jour où....

Avis : Yves Robert est l'un des spécialiste du cinéma français pour raconter des histoires qui peuvent nous faire penser à des contes pour petits ou grands. De la guerre des boutons à Bébert et l'omnibus, il sait s'attirer les faveurs d'un public hétérogène qui retrouve dans ses films la nostalgie d'une période de l'enfance ou le cliché d'une tranche de vie avec toujours un arrière plan légèrement teinté de poésie.

Alexandre le bienheureux fait donc partie de ces films où le réalisateur mêle habilement humour, appréciation critique avec ce je ne sais quoi de tendresse lui donnant ainsi un charme fou.
Le film est construit en 2 parties : la première nous montre Alexandre travailler comme un forcené dans une ferme tenue de main de maître par sa femme, "La Grande". Aux ordres de cette mégère, la journée d'Alexandre est plannifiée, minutée : l'aléa n'a pas sa place même dans la programmation des rapports conjuguaux...! Mais Alexandre est un rêveur, un distrait, un amoureux de la nature pour qui le chant des oiseaux ou le spectacle des poissons dans l'eau est un trésor sans équivalent. Qu'importe, maintenant équipée d'un radio transmetteur La Grande peut encore mieux le surveiller et lui donner ainsi ses ordres à distance. Cette première partie du film est pleine d'humour : Alexandre accompli ses tâches de forçats sans rien dire, gardant sa colère et sa rancoeur au plus profond de lui car c'est un être foncièrement gentil et tendre. Yves Robert, loin de se moquer de la vie de province, fait l'apologie de ces petits villages de France où tout le monde se connaît (avec ses qualités et ses défauts) et où l'on se retrouve devant un billard pour fumer un cigare le dimanche. Toutefois, on sent bien percer l'ironie du réalisateur quant aux méthodes de travail agraires, quant à l'industrialisation à outrance du travail des champs : le paysage économique de la France est en train de changer : rentabilité, croissance, investissement en sont les maîtres mots. Mais ce n'est pas la France d'Alexandre...et Yves Robert trouve une transition toute naturelle pour la seconde partie de son film : La Grande et ses parents vont périr au volant de leur auto flambant neuve...la VIE va commencer pour Alexandre.

Libéré du joug de sa femme, cette nouvelle vie commence dès la cérémonie funèbre. De façon comique, Yves Robert, dans la scène du cortège suivant le corbillard met en fond sonore une musique jazzy tandis qu'Alexandre esquisse un sourire embarrassé. Alexandre n'est pas en train de vivre un deuil mais de savourer les prémices de la liberté... Cette liberté il l'inaugure le jour même de l'enterrement en décidant d'aller définitivement se réfugier dans son lit et dormir. A la question des villageois :" Et ta terre, qui va s'en occuper ?" ; la réponse d'Alexandre est laconique : "Elle fait comme moi...elle se repose...!". La seconde partie du film donne libre cours à l'imagination d'Yves Robert qui multiplie les effets comiques avec un acteur hors pair : le petit "corniaud" qui sert de chien à Alexandre. De façon habile, le réalisateur ne donne pas de nom au chien : il est l'incarnation du bon sens populaire et de la sagesse. Mais le réalisateur avisé utilise ce "personnage" de façon comique : le chien est l'outil d'Alexandre pour communiquer avec l'extérieur (faire les courses et vérifier la monnaie) ce qui nous vaut des numéros de dressage canin parfaitement savoureux. Comique est également la réaction du village à l'attitude d'Alexandre. Entre ceux pour qui "la terre" c'est sacré et que c'est un devoir de la travailler et les autres qui rejoignent la philosophie d'Alexandre faisant de lui une sorte de gourou non intentionnel, la vie du village est sensiblement perturbée.

C'est alors qu'arrive le troisième personnage du film : Agathe. Agathe est toujours dans la lune, souvent endormie : l'idée d'un homme qui passe sa vie à dormir et profiter de la vie ne serait pas pour lui déplaire. Avec cette candeur charmante inhérente à toute jeune fille elle saura convaincre notre Alexandre de sortir de son lit, saura trouver les mots pour le réconforter et le mettre en confiance. Alexandre touve enfin quelqu'un qui partage sa vision du monde : ses défenses tombent et il succombe aux charmes d'Agathe avec délice. C'est peut être alors que vient le seul reproche que l'on pourrait faire au scénario du film : le spectateur comprend très vite que malgré des atours charmeurs, Agathe n'a qu'une envie : la terre d'Alexandre, un mariage rapide afin de remettre cet homme au travail. Mais notre Alexandre dans un "NON" salavateur lors de la céremonie saura continuer son chemin. Cette scène du film ou Alexandre, en proie au doute décide de ne pas épouser Agathe résume parfaitement la philosophie du film : Alexandre le Bienheureux est une fable, un conte sur la possibilité de dire "NON", l'envie irrépressible de faire des choix de vie en accord avec ce qui nous touche. De même pour la scène finale où Alexandre part sur les chemins,les villageois lui demandent : "Mais ou vas-tu ?"; sa réponse est celle d'un hédoniste convaincu :"Je vais voir"...tout simplement comme si le "Carpe Diem" ne serait pas futilement la plus courte recette du bonheur. Un film à conseiller à toute la famille car même s'il contient un message c'est d'abord et avant tout un vrai et bon divertissement.

L'interprétation du film est parfaite : Philippe Noiret est débonnaire à souhait (on voit déjà les prémices de son futur jeu d'acteur), Françoise Brion campe une "Grande" sévère avec brio tandis que Marlène Jobert, dans le rôle d'Agathe, sait se faire délicieuse. A noter d'excellents seconds rôles comme Jean Carmet, Paul Le Person ou Dominique Zardi, sans oublier Pierre Richard dont ce fut le premier vrai grand film en tant qu'acteur.


L'Image : 2.5/3

Détails techniques : Format video : 16/9 - Ratio : 1.85

Avis : Studio Canal nous propose une remastérisation exemplaire : les couleurs du film sont belles et chaudes tandis que le grain de la pellicule est bien conservé. Bref, conforme à l'image des films de cette époque (le film date de 1967), ce transfert DVD est parfaitement à la hauteur. Par ailleurs les extérieurs, baignés par le soleil, sont bien retranscrits et donnent une vraie et belle impression de lumière à toute la copie du film.


Le Son : 1.5/3

Détails techniques : Doldy Digital 2.0 (dual mono) en français - Sous-titres : aucun.

Avis : La restauration de la bande sonore est un peu en-dessous de la qualité que l'on perçoit dans les images. En effet certains dialogues ne sont pas suffisamment affutés (les aigüs des enfants quand ils parlent passent moyennement) tandis que le volume global de cette édition est un peu trop bas à mon goût. Néanmoins cela reste parfaitement à la hauteur p


L'Interactivité : 1.5/3

L'ergonomie des menus :
Les menus reprennent l'identité visuelle du film (dessins animés sur fonds orange) ainsi que la calligraphie du titre. Le tout est baigné par la jolie mélodie qu'interprète Isabelle Aubret et qui sert de musique au film. Les transitions sont correctes et le chapitrage original avec ce dessin d'Alexandre qui rêve, chaque "bulle" de rêve représentant un chapitre (sonorisé). Animation sympathique aussi pour les bonus (avec le chien d'Alexandre et la 2cv de "la Grande").


Les bonus :

On regrettera que cet excellent DVD ne soit pas plus étoffé en termes de bonus. 3mn avec Yves Robert et Noiret (c'est en fait un reportage télé pour le journal de l'époque) sont assez peu. On aurait bien aimé voir leur réaction à l'heure d'aujourd'hui. On trouvera également des filmographies, quelques photos, un diaporama où Yves Robert parle de son film et une bande annonce (au format 16/9) qui permet de bien appérécier le travail de restauration fait sur le film.



[ Voir les Bonus Cachés pour ce DVD ]

Les Visuels : 0/1



La pochette / Le packaging

Le boîtier Amaray reprend l'affiche originale du film avec ce dessin de style naïf représentant Alexandre et son chien. C'est une édition standard du marché, pas de commentaire particulier.



La sérigraphie

La sérigraphie est proprement gâchée par cette découpe malvenue qui sépare l'affiche du film du titre et surtout de la mention des Studios "La Gueville" (propriété d'Yves Robert et de sa femme Danièle Delorme) qui ruine complètement ce visuel. Quel dommage !


Note Finale : (13.5/20)

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