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DVD A LA LOUPE


LES 8 SALOPARDS (BLU-RAY)

Lui écrire montana62

Les 8 salopards (Blu-ray) DVD sorti le 25/05/2016


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Editeur : M6 Vidéo
Distributeur :
Warner Home Vidéo

Nombre d'entrées : 1 779 159
Date de sortie : 6 janvier 2016
Durée : 2h 47mn 57s

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Nombre de visites :
1385


   

Le Film : 7.5/10

Résumé : Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

Avis : La sortie d’un Tarantino reste toujours un évènement, et si l’on s’en tient à certaines déclarations, "les 8 salopards" pourrait être son antépénultième réalisation. Ce n’est sans doute pas par hasard si pour son 8ème film, le titre comporte également le chiffre 8. Il ne pousse cependant pas le cabotinage à découper son œuvre en 8 chapitres, se contentant de 5. Il serait néanmoins amusant de donner 8 raisons pour regarder ou non ce Cluedo en double "huit-clos".

70 mm - Ultra Panavision 2.76
Quoi de plus majestueux qu’employer l’ultra Panavision abandonné depuis 1966 ? Le film est sorti avec quelques minutes supplémentaires + entracte dans les salles équipées, toujours la même volonté de Quentin Tarantino à rendre hommage au 7ème art. L’ouverture très longue (2 minutes 30) sur ce Christ recouvert de neige laisse entrevoir dans sa profondeur de champ une diligence. Puis les plans vertigineux se succèdent sur les montagnes du Wyoming, nous en prenons plein les rétines. Un tel format pour se retrouver ensuite en huis-clos pouvait sembler futile mais que nenni ! Il permet au contraire de garder un œil global sur cet échiquier humain.

Durée
Le premier huis-clos se passe dans une diligence où 2 personnages doivent montrer "patte blanche" avant de monter dans celle-ci. Tarantino semble remonté, Il profite des rancœurs de la guerre de sécession pour relancer le débat sur le racisme, et allume au passage une mèche sur la misogynie. Et à ce niveau, c’est « la prisonnière » qui profite largement des excès d’humeur de ces messieurs, servant de véritable défouloir.

Le réalisateur amoureux du verbe, aime prendre son temps pour planter le contexte et ses personnages. Hélas les minutes s’enquillent autant que les longueurs sur des discours parfois superficiels. Après avoir largement fait le tour de nos passagers, un blizzard les oblige à se réfugier dans une mercerie qui ouvre les portes du second huis-clos. Et à ce stade, l’inquiétude pointe le bout de son nez. La balade en calèche a duré tout de même30 minutes et il reste encore près de 2h20 de film. On craint d’avoir suivi l’itinéraire d’un "Boulevard de la mort 2".

Heureusement l’ambiance "dix petits nègres" qui s’ensuit nous réveille d’une certaine passivité et demande, au moment de clouer à répétition cette porte de la mercerie, une plus grande attention.

Chapitres
Le loup est dans la bergerie n’est pas le titre d’un des 5 chapitres, qui relèvent plus du clin d’œil, mais bien un constat. La prisonnière qui doit être amenée à Red Rock pour être pendue, semble avoir un complice parmi les "naufragés de la route". Le western cède donc sa place au policier et au poker-menteur tout en lorgnant sur "The Thing" : un endroit isolé sous une tempête de neige où chacun se méfie de tout le monde.

Ceux qui connaissent bien Tarantino savent que sa marque de fabrique est une lecture non linéaire dans son chapitrage et "les 8 salopards" ne déroge pas à la règle.

Sujet
Comme dans la diligence, ce second huis-clos remet sur le tapis les rancœurs d’une guerre civile dont les plaies sont loin d’être refermées. Dans ce refuge, nordistes et sudistes tracent distinctement une frontière imaginaire sur fond de racisme. Chaque camp se délecte d’avoir massacré du petit blanc ou du nègre, le sujet est si grave qu’il en perd au passage son humour, pourtant un élément moteur dans la filmographie du réalisateur. Et ce ne sont certainement pas les coups et injures à l’encontre de notre prisonnière qui vont retirer cette ambiance malsaine. Oui, décidément Tarantino semble vouloir régler quelques comptes avec la société américaine, engluée dans sa violence policière et la libre circulation des armes. Une phrase choc est volontairement lâchée dans le film "Quand les nègres ont peur, c’est à ce moment-là que les blancs sont tranquilles".

Violence
Après les paroles viennent les actes et c’est sur une scène dont Tarantino a le secret (la scène de fellation) que le bal peut s’ouvrir. Indiscutablement si la diligence s’est perdue dans le blizzard, la mercerie de Minnie, faute de réconcilier les protagonistes, rassure le spectateur sur le savoir-faire du réalisateur. Les amateurs de tête éclatée et d’hectolitres de sang devraient être sevrés.

Tarantino mégalo ou radoteur ?
Si le réalisateur continue à distiller bon nombre de références cinématographiques, on ne peut occulter le fait que "les 8 salopards" s’inspire largement de "Réservoir Dog" et "Inglorious basterds". Peut-on parler d’un recyclage de ses propres œuvres, d’un clin d’œil ou d’un petit excès de mégalomanie ? Dommage dans tous les cas qu’il ne s’en soit pas plus inspiré afin de limiter quelques longueurs.

Artistique
Pour une fois avant le casting on peut parler de la superbe photographie de Robert Richardson grâce notamment au format 70mm. Il réussit un parfait dosage entre les paysages grandioses et cette mercerie ouverte aux 4 vents.

La grande attente sur l’association Tarantino/Ennio Morricone débouche au final sur une certaine frustration. Certes le compositeur se voit récompensé d’un oscar pour son œuvre mais avouons qu’il y a peu de chance qu’une de ces compositions devienne intemporelle comme jadis.

Si Tarantino puise dans ses anciennes inspirations, il n’est pas étonnant de retrouver dans son casting quelques acteurs fétiches. On retrouve en tête un Samuel L. Jackson au centre des débats mais qui est loin de jouer les victimes. C’est un peu le Hercule Poirot de la bande mais qui peut très bien passer aussi du rôle de juge à celui de bourreau. Kurt Russell est sans doute le moins salopard de la bande, droit dans ses bottes et un poil méfiant, il a juste horreur que sa prisonnière parle pour ne rien dire. Walter Goggins joue les têtes à claques de service, semblant se raccrocher aux branches mais au final il semble moins idiot qu’il n’y parait.

On retrouve également Michael Madsen et Tim Roth un peu plus en retrait puisqu’ils n’interviennent que dans le second huis-clos. Demian Bichir et Buce Dern complètent le tableau des salopards masculins. Il reste enfin et surtout Jennifer Jason Leigh qui vole la vedette au nez et à la barbe de ces messieurs. Véritable punching ball pendant près de 3 heures, cette femme absorbe les humeurs et les coups masculins tout en jouant la spectatrice privilégiée des débats houleux. Son pouvoir d’absorption interpelle, d’autant que le réalisateur dissémine volontairement quelques plans qui ouvrent ce 8ème et dernier thème.

Prosélitysme ?
Dans tout ce tumulte on se demande si le compte est bon pour ces 8 salopards. Si l’ouverture se fait longuement sur ce plan du christ ce n’est sans doute pas un hasard, d’autres passages interpellent comme ce chant de noël jusqu’à une certaine ascension. Salopard ou sainte, l’interprétation est lancée mais la surprise au 2/3 du film peut lancer le débat.

Doté d’un budget très sage (44 millions de dollars), le film rentre largement dans ses frais avec 126 millions de recettes mondiale. Les USA font un accueil moyen avec 54 millions et la France compte toujours pas mal de fans avec près d’1,8 million de spectateurs. On reste cependant loin des résultats obtenus pour "Django unchained".

Au final ce 8ème Tarantino, plus sérieux, augure un virage dans sa filmographie. S’il existait une œnologie cinématographique, le dernier cru "Tarantin-vino" rentrerait dans la catégorie des bons millésimes sans être exceptionnel. Certaines longueurs faussent l’entrée en bouche donnant l’impression d’un film encore fermé. Heureusement pour les plus patients, en laissant s’aérer les défauts, le corps devient plus présent donnant une belle consistance pour une finale longue et savoureuse.

Mais attention tout de même, certains abus peuvent devenir dangereux…


L'Image : 3/3

Détails techniques : Format 2.76 - Anamorphic Widescreen – Disque 46,01 Go

Avis : Nous sommes les spectateurs privilégiés de cette projection dans un format 2.76 qui libère l’émotion et la beauté de l’image. Le huis-clos de la mercerie est à ce titre un plaisir de tous les instants. On dispose d’un angle de vue total sur la partie d’échec humaine où chaque « pion » ne peut se dérober de la scène. La définition est splendide avec un piqué d’une précision chirurgicale. Le contraste et la gestion des noirs bénéficient de toutes les attentions de la part de Robert Richardson le directeur de la photographie. Un étalonnage aux petits oignons achève le moindre doute d’avoir en main un top démonstration.


Le Son : 3/3

Détails techniques : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Audiodescription
Sous-Titres : Français, sourds et malentendants

Avis : M6 fait partie des rares distributeurs à proposer quasi-systématiquement une HD pour la VF. Encodé sur un taux égal pour les 2 versions, on savoure le mixage jouant sur chaque effet. Le caisson n’est pas souvent mis à contribution mais ici, la qualité prime avant tout sur la quantité. Il reste le débat éternel VO-VF. Le sous-titrage peut nous priver parfois de certains détails dont le film regorge. Mais ici, se priver de l’accent de Tim Roth ou de la voix d’outre-tombe de Madsen serait dommageable. En fait j’ai trouvé la solution, je l’ai tout simplement regardé d’abord en VF puis en VO. Et c’est indéniablement cette dernière qui remporte mon suffrage.


L'Interactivité : 1.5/3

L'ergonomie des menus :
Le menu est une franche réussite. Sur quelques extraits du film, les personnages nous sont présentés sous forme de bande-annonce avec une description pour chaque salopard. FilmVersionsBonus. Il faut noter l’absence de chapitres, un détail plutôt cocasse quand on connait la structure des films du réalisateur


Les bonus :

On dispose de 4 modules

  • Le grand 8 de Quentin Tarantino (4’44) : ce premier sujet est franchement décevant, il se contente de présenter les acteurs et le réalisateur où chacun à tour de rôle envoie une volée d’admiration d’être en présence des autres. Aucun intérêt !

  • Entretiens avec Quentin Tarantino, Kurt Russell, Tim Roth et Walton Goggins (17’51) : Même si le reportage est fait dans l’optique promotionnel, on y découvre quelques détails savoureux. Tout d’abord avec le 1er scénario qui a fuité, le film a failli ne pas voir le jour. Lorsque Tarantino raconte sa volonté de faire lire le scénario aux acteurs, Kurt Russell nous apprend que la lecture s’est faite dans un théâtre devant 600 personnes. En fait, les acteurs lisaient le scénario original qui avait fuité, tout simplement parce que le réalisateur avait envie de voir au moins une fois ce qu’aurait pu donner le film. Les acteurs reviennent sur leur rôle et pour certain l’inspiration qui lui a été donnée. Ainsi on apprend pour Tim Roth, que le réalisateur lui a volontairement donné ce rôle connaissant la haine de l’acteur envers l’aristocratie anglaise, haine parfaitement assumée de Tim Roth. Encore une fois si le voile promotionnel flotte sur ce bonus, on le suit avec beaucoup d’intérêt.

  • Samuel L. Jackson présente le fabuleux Panavision (7’29) : On est partagé entre intérêt et agacement. Agacement tout d’abord avec l’acteur qui en fait des tonnes pour présenter le procédé. Une fois plongé dans la technique, heureusement l’intérêt revient. On y apprend que le procédé ultra-panavision n’a été utilisé que 11 fois, les objectifs n’avaient plus été utilisés depuis 50 ans. Ben-Hur, le Cid, Khartoum font partie des quelques films qui ont eu le privilège d’être tourné dans ce format.

  • Avant-première à Paris – la conférence de presse (10’45) : On suit cette conférence de presse qui joue un peu les doublures du second module (Entretiens). L’art est subjectif, tout le monde le sait, vers la fin du reportage, Tarantino explique pourquoi cette vision du christ. Une vision qui cependant, peut-être interprétée de différente manière.

  • Au final on reste sur notre faim. Ce steelbook méritait un disque consacré uniquement aux bonus, ainsi que les commentaires du réalisateur. La partie technique est aux oubliettes en dehors d’un mini-reportage tourné en dérision sur le 70mm. L’ensemble se consacre plus à vendre le produit qu’à nous l’expliquer.


    Les Visuels : 1/1



    La pochette / Le packaging

    M6 propose un boitier steelbook très graphique et esthétique. D’un rouge sang très prononcé à l’image du film, on dispose sur le recto de toute la bande de salopards. Au verso sur le boitier, on retrouve en vignette les 8 antagonistes ou protagonistes pour reprendre la formule de Tarantino avec le générique. En feuille volante (l’éternel problème des steelbook) on a ce qui se fait de mieux en matière de visuel et d’ergonomie. Le synopsis ets les commentaires sont avantageusement encadrés dans sa partie graphique. On retrouve ensuite la partie bonus avec quelques secondes de décalage. La partie technique est exhaustive, on n’aurait pas été contre une police un peu plus grande, mais le choix judicieux des couleurs permet tout de même une bonne lisibilité. A l’intérieur on note l’absence de visuel, on retrouve juste un feuillet publicitaire. La sérigraphie se débarrasse des personnages en prenant le contexte (le blizzard) et en affichant uniquement le titre et ces 8 bâtons ensanglantés. Priorité est donné au visuel, puisque les logos ont été réduits au maximum, parfaitement regroupés, et les mentions légales sont quasi-invisibles.



    La sérigraphie

    La sérigraphie se débarrasse des personnages en prenant le contexte (le blizzard) et en affichant uniquement le titre et ces 8 bâtons ensanglantés. Priorité est donné au visuel, puisque les logos ont été réduits au maximum, parfaitement regroupés, et les mentions légales sont quasi-invisibles.

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    Note Finale : (16/20)

    Commentaires concernant cette critique

    - le 13/06/2016 à 14:32 par surfeur51 : Merci pour cette loupe aussi précise qu'à ton habitude. Cela me permet de mieux cerner ce Tarantino sur lequel je ne m'étais pas précipité, au contraire des deux précédents, suite à des critiques reprochant au film ses longueurs, ce que tu confirmes partiellement, tout en soulignant néanmoins d'autres qualités...
    - le 07/06/2016 à 20:16 par Alexis : Un regret néanmoins pour ma part : Le film a été proposé en salle dans une version de 187 minutes : il est proposé partout sur la planète en galette numérique de 168 minutes bref un montage différent. Alexis

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